Saturday, September 27

Québec, music and the World - Conservatoire - Québec, musique et le monde

  • Studying in Canada.
  • Conservatoire : free, world-class education.
  • Petition
  • Louise Pellerin : international ambassador of French-Canadian spirit. (Video)
  • MSO Competition.
  • Masterclass and Marigaux exhibit
  •   
  • Étudier au Canada.
  • Conservatoire: éducation de calibre mondial, mais gratuit.
  • Pétition
  • Louise Pellerin : ambassadrice internationale de l’esprit Québécois. (Vidéo)
  • Concours de l’OSM
  • Classe de maître et exposition Marigaux
  • (What follows is my own experience. Many people have very different experiences. Remember that one person’s story does not invalidate any other person’s story.)

        

    (Ci-contre, ma propre expérience. D’autres raconteront des histoires fort différentes. À noter que le récit de l’un ne démentit pas le récit d’un autre.)

    Studying in Canada:
    Each summer, for the past few years now, someone from Central or South America, or even the USA asks me about studying music in Canadian Universities. Usually the reason they ask is not because we produce the best musicians in the world (many of the world’s biggest names in classical music do indeed come from Canada: Oscar Peterson, Maureen Forrester, Ben Heppner, Angèle Dubeau, Louis Lortie, Joni Mitchell, Louis Quilico, Sarah McLachlan, and many, many others), but rather because people around the world think studying in Canada is much less expensive than in the USA. Delving more deeply, I wonder if this is so certain. Foreign students typically pay five times more in tuition than Canadian students and the reason is completely fair and reasonable: Canadians (citizens and permanent residents) pay very high taxes (in terms of the western hemisphere) all their lives which finance our social services, including discounted tuition for Canadian students. Unless he/she comes from some special charity country, a foreign student pays the cost to the university of providing education.
    fierProduitDuConservatoireDuQuebec

    Étudier au Canada:
    Depuis quelques années, chaque été quelqu’un de l’Amérique centrale ou du sud, ou même des É.U. me pose des questions à propos d’étudier la musique dans une université canadienne. Habituellement, la raison n’est pas que le Canada produirait les meilleurs musiciens du monde (Oscar Peterson, Maureen Forrester, Ben Heppner, Angèle Dubeau, Louis Lortie, Joni Mitchell, Louis Quilico, Sarah McLachlan parmi tant d’autres), mais plutôt que les autres pays semblent croire qu’étudier au Canada est moins dispendieux qu’aux É.U. Tout compte fait, je me demande à quel point c’est vrai. Les étudiants étrangers payent typiquement cinq fois les frais de scolarité à comparer aux canadiens et la raison et claire et juste : les canadiens (citoyens et résidents permanents) payent toute leur vie des taxes plutôt élevées (dans le contexte de l’hémisphère de l’ouest) qui financent nos services sociaux, incluant l’escompte sur la scolarité des étudiants canadiens. À moins de venir d’un pays à statut charitable spécial, un étudiant étranger ici paye simplement le coût imposé à l’université pour former un étudiant.

    So because of this subsidized discount, many people think that University education is easy for Canadian students. Well, I have been watching many TV shows about the cost of living in the USA including Undercover Boss, an episode with a Dean from one of the Universities of California. He meets and ends-up helping an American student with big difficulties who shows enormous dedication to her education: she was accumulating a terrible debt load of $5,000/year in student and on top of that she had to work part time. Hhhmmm, for the duration of my Engineering studies, between the cost of living, tuition and other related costs, I also had to rack-up student loans to an average of $5,000/year AND I was actually working TWO jobs for most of that time (security guard and janitor at my apartment building). This is why, as a music student at McGill University, I joined the Army Reserves (as a Bandsman, but with full combat training) in order to pay for tuition and cost of living APART from the student loans I was receiving.       Alors étant donné l’escompte subventionnée, plusieurs croient que l’éducation universitaire est facile pour les étudiants canadiens. Et bien, je suis des émissions télévisées qui traitent le coût de la vie aux É.U. incluant "Undercover Boss", dont une épisode avec un Doyen d’une université en Californie. Celui-ci rencontre (et fini par aider) une étudiante qui démontre un dévouement énorme pour ses études : elle doit accumuler une dette écrasante de 5000$/année en prêts étudiants en plus de devoir travailler à temps partiel. Hhhmmm, pour la durée de mes études en ingénierie, entre le coût de la vie et tout ce qui a rapport à la scolarité, j’ai aussi dû accumuler des dettes en moyenne de 5000$/année ET je devais travailler DEUX emplois la plupart du temps (gardien de sécurité et concierge à mon bloc appartement). C’est d’ailleurs pourquoi, durant mes études en musique à l’université McGill, je me suis enrôlé dans la réserve militaire (comme musicien, mais avec tout l’entraînement de combat) afin de payer ma scolarité et coût de la vie EN PLUS des prêts d’étude que je recevais.
    Conservatoire:
    Yes, very gifted students can get full scholarship. But you understand that it is difficult to become so gifted and maintain the lead when one is distracted with troubles making ends meet. I was not exceptionally gifted and I had to worry about the cost of living, so very few bursaries. But I pursued with my studies in music because I passionately loved to play classical music and then in engineering because I was driven to succeed.

    So I was unbelievably lucky that the Province of Québec had the Conservatoire de Musique et d’art Dramatique : not to be confused with the Royal Conservatory, it is a system of French (France) styled schools of the arts where tuition is free for Québécois students. This system of Conservatoires was set-up in 1943 so that talented young musicians and actors would not need to abandon art because they were not rich: in the society-driven mindset of Québec, anyone who demonstrates great talent in art should be able to pursue art without consideration for wealth or social status.
    conservatoireDeMontrealDeMesJours



    100, rue Notre-Dame est

    Ancienne court: Conservatoire de Montréal lorsque j’y étudiais.

    Old court house: Montréal Conservatoire, when I studied there.

    Conservatoire:
    Oui, les étudiants très doués peuvent recevoir des bourses considérables. Mais vous comprenez qu’il est difficile de rester doué à ce point lorsqu’on doit assurer sa subsistance. Je n’étais pas spécialement doué et je devais assurer ma subsistance, alors je n’ai reçu que peu de bourses. J’ai néanmoins persévéré en études musicales par amour passionné pour la musique classique et ensuite en ingénierie par entêtement de réussir.

    J’étais donc vraiment chanceux que le Québec avait déjà le réseau des Conservatoires de Musique et d’Art Dramatique : des écoles de type européen offrant la scolarité gratuitement aux étudiants québécois. Ce réseau fut crée en 1943 pour que les jeunes talents moins bien nantis ne seraient pas forcés d’abandonner leur art, faute de moyens. Dans la mentalité sociale québécoise, quiconque démontre un grand talent doit pouvoir poursuivre des études artistiques sans tenir compte de son statut social.

    So I was admitted to the Conservatoire in Montréal, where I learned the oboe, choir, piano, music theory and began chamber music. This system of schools-of-the-arts is under the Ministry of Culture, not Education like Universities are. This shift of focus along with a world-class calibre of teaching staff (all important performers) and the quality of the education and program provides a the wealth of artistic experience an atmosphere where passionate students and teachers collaborate for only the pursuit of artistic excellence. I was privileged and blessed to attend it for four years and I consider them the happiest of my life before now.

    tousUnisPourLeConservatoire
    Conservatoire students performing in front of the Québec National Assembly.

    Étudiants du Conservatoire devant l’Assemblée Nationale à Québec
    .
    J’ai ainsi été admis au Conservatoire de Montréal où j’ai appris le hautbois, le chant chorale, le piano, les disciplines théoriques et mes débuts en musique de chambre. Ce réseau est sous le Ministère de la culture plutôt que de l’éducation comme le sont les universités. Cette différence et le calibre mondial du personnel enseignant (tous d’importants interprètes) avec une qualité d’enseignement à la hauteur de son programme offrent une richesse d’expérience artistique et une atmosphère où les étudiants passionnés collaborent avec les professeurs dans le seul but de la poursuite de l’excellence artistique. J’ai eu le privilège et l’honneur d’y étudier quatre ans, années que je considère les plus heureuses de ma vie avant aujourd’hui.

    Now Québec has approximately three times the land surface of either Spain or France but with only 1/10 the population of France (reference here and here) and only two really major cities, Montréal and Québec (apologies to Sherbrooke and others, but that is how the government appears to consider it) … this means that there are many talented young artists who live in towns far from the big cities, making it nearly impossible for them to access quality musical education (Val d’Or is nearly 7 hours driving from Montréal and Gaspé is nearly 9 hours driving from Québec city – according to Google Maps).

    Consequently, the system of Conservatoire du Québec has been operating 5 establishments in remote areas, where students could get almost all of their musical education and experience: only in some cases they would need to spend one year in Montréal or Québec to complete with experience that is simply not possible in the farthest places.

    assembleeNationale


    Pétition : Sauvegarde des Conservatoires en région.

    Jusqu’au 15 octobre pour signer.

    Petition to save the remote Conservatoires.

    Up to October 15 to sign.

    Maintenant, le Québec a environ trois fois la superficie de la France ou de l’Espagne mais avec seulement 1/10 de la population de la France (références ici et ici) et ne compte que deux grands centres urbains, Montréal et ville de Québec (désolé Sherbrooke et autres, c’est ainsi que le gouvernement vous regarde)… ce qui veut dire que le grand nombre de jeunes talents vivant en région (selon Google Maps, Val d’Or est à 7 heures de route de Montréal et Gaspé est à 9 heures de route de Québec) auront grande peine à poursuivre leurs études.

    Par conséquent, le réseau du Conservatoire a 5 établissements en région où les étudiants peuvent acquérir leur éducation et expérience musicale : ne devant faire qu’un an à Montréal ou Québec pour compléter ce qui est simplement impossible ailleurs.

    This year, the government of Québec will have to decide if budget cuts and mounting debts will allow the Conservatoire du Québec to continue the remote locations or not; in fact, the decision to close them appears already made. We might think that this is no big deal, in modern life, it is easy to travel and the numbers just don’t justify it: statistics would say that big cities are much more likely to produce big success, right?


    WRONG!

    My favourite example is Louise Pellerin, just a small-town girl from Trois-Rivières (approximately 2 driving hours away from Montréal or Québec city) who liked to play the piano. Forced to learn the oboe in high-school led to five years at the conservatoire (4 in Trois-Rivières) and then …. guess what: off to SWITZERLAND to study with HEINZ HOLLIGER himself! Today, thanks to her beginnings in a remote Conservatoire, she is an internationally renowned soloist and chamber musician who has spent most of her professional life living in Switzerland, but playing all over Europe, Asia and North-America!
        

    Louise Pellerin
    Dom André Laberge
    Abbaye St-Benoit-du-lac


    MI0001136912

    with/avec Heinz Holliger!
    Cette année, le gouvernement du Québec devra décider si les coupures budgétaires et une dette sans relâche permettront ou non au Conservatoire du Québec de continuer en région; en fait, la décision de les fermer semble déjà faite. On pourrait dire pas grave, dans le monde moderne, il est plus facile de voyager et les nombres ne justifient pas : les statistiques montreront que les grandes villes sont bien plus apte à produire les plus grandes réussites, non?

    FAUX!
    Mon exemple favori est Louise Pèllerin, une fille de Trois-Rivières (environ 2 heures de route de Montréal ou Québec) qui aimait jouer le piano. Obligée à apprendre le hautbois à l’âge de l’école secondaire a précédé à cinq ans au Conservatoire (4 ans à Trois-Rivières) et ensuite LA SUISSE, étudiant avec nul autre que HEINZ HOLLIGER lui-même! Aujourd’hui, grâce à ses débuts à un conservatoire de région, elle est soliste et chambriste reconnue mondialement, ayant vécu une grande partie de sa vie professionnelle en Suisse, mais elle se présente sur scène partout en Europe, en Asie et an Amérique du Nord!
    We don’t know her so much in North-America because we mostly focus on artists living and playing mostly in the USA, but she has recorded with 8 major record labels and her success has earned her a professorship at Zurich University of the Arts while playing with Camerata Salzburg (among others). She has repeatedly honoured the trust endowed by her Canadian roots with several recordings, including two precious gems with a Canadian treasure, dom André Laberge, organist at Abbaye St-Benoit-du-Lac Monastery. She also frequently teaches at the Orford Centre for the Arts and is now jury member for the very prestigious Concours de l’OSM (Montréal Symphony Orchestra Competition). concoursOSM

    Concours de l’OSM

    Il reste quelque jours pour s’inscrire. Événements ouverts au public.

    Still a few days to sign-up. Events open to the public.

    Par ici, elle est moins connue puisqu’on se penche plutôt sur les interprètes qui jouent et vivent aux É.U. Elle a pourtant endisqué sous 8 étiquettes importantes et ses prouesses lui ont valu un poste de professeure à l’Université des Arts à Zurich tout en jouant à la Camerata de Salzbourg (entre autres). Elle honore continuellement ses racines canadiennes en enregistrant plusieurs CD, incluant deux bijoux précieux avec Dom André Laberge à l’Abbaye de St-Benoît-du-lac. Elle enseigne aussi fréquemment au Centre d’Arts d’Orford et se présente sur le jury du prestigieux Concours de l’OSM.

    Louise Pellerin was my very first oboe inspiration. Like many, many young oboists up to a few years ago, my teenage idol was Heinz Holliger, but when I heard Louise on the radio, playing a double concerto with Holliger, I exclaimed: “Wow, an oboe can sound like THAT?” and she continues to inspire me today in my quest for the purest oboe sound and soulful expression.

    I mentioned her before in a previous post (here) and I just cannot get enough of her playing! Hey, at the Conservatoire, she studied with the same teacher I did! On November 20 and 21, she is planning masterclasses in Montréal, same time and place as the finals for the Concours de l’OSM. She will bring Marigaux with her to exhibit their instruments: you can come and try them and also have your own oboe fine-tuned. You can bet your boots that, barring really bad luck, I’ll be going as a spectator… I can’t miss this kind of opportunity to witness greatness in action!

    marigaux_louise_pellerin_poster

    Masterclass & Marigaux
    20-21 Nov. 2014

    Venez essayer les instruments!

    Come try the instruments!

    Louise Pellerin fut ma première inspiration du hautbois. Comme plusieurs, plusieurs jeunes hautboïstes jusqu’à il y a quelques années, mon idole de jeunesse fut Heinz Holliger, mais quand j’ai entendu Louise à la radio jouer avec Holliger, j’ai sursauté : "Bon sens, un hautbois peut sonner COMME ÇA?" et elle continue à m’inspirer dans ma poursuite pour l’expressivité et le timbre le plus pur du hautbois.

    Je l’ai mentionné auparavant (ici) et je ne m’ennuis jamais de l’entendre! Hé au Conservatoire, nous avons étudié avec le même professeur! Le 20 et 21 novembre elle planifie des classes de maîtres à Montréal, en même temps que les finales et semi-finales du Concours de l’OSM. Elle viendra avec la maison Marigaux qui tiendra une exposition de ses instruments : vous pourrez aller les essayer et même faire ajuster votre hautbois ou cor anglais. Vous pouvez compter que, à défaut de malchance, j’y serai comme auditeur… je ne peux vraiment pas manquer une telle occasion de témoigner la splendeur en action!